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SAFI SE PRÉPARE À LA RÉGIONALISATION
*LE DÉCOUPAGE TERRITORIAL PROPOSÉ SIGNE LA FIN DE LA RÉGION DE DOUKKALA-ABDA *LA NOUVELLE RÉGION DOPERA-T-ELLE LE TOURISME À SAFI ? La régionalisation avancée telle qu’elle se dessine annonce un véritable bouleversement pour la province de Safi. Le découpage territorial proposé prévoit la fin de la région Doukkala-Abda, dont le chef-lieu est Safi. Dans ce schéma, la province de Safi ferait partie de la nouvelle région Marrakech-Safi, dont la wilaya sera basée à Marrakech. Safi serait donc amenée à devenir une préfecture et perdrait son statut actuel de wilaya.
A Safi, les avis sont très divergents quant à savoir si cette décision serait favorable ou non au développement de la province. En effet, certains élus et une bonne partie de la société civile sont très attachés au pôle Doukkala-Abda. Tout un travail a notamment été effectué au niveau de la promotion touristique de la région et au niveau du marketing territorial. De plus, certains élus ajoutent que le statut de chef-lieu de Safi est le garant d’une défense efficace des intérêts de ses habitants. Ces derniers craignent avoir moins de poids au sein de la nouvelle région. Cependant, force est de constater que la région des Doukkala-Abda a principalement servi le décollage d’El Jadida. C’est cette ville qui a concentré la plupart des nouveaux investissements de ces dernières années. Avec le lancement de la zone industrielle de Jorf Lasfar et l’ouverture de la station Mazagan, la ville est devenue un pôle fort, aux niveaux touristique et industriel. Safi, par contre, n’a connu qu’un développement limité. Certes, de grands projets structurants sont prévus dans les prochaines années, mais le bilan actuel reste mitigé. Peu de nouveaux investisseurs se sont intéressés à la capitale de Abda. L’industrie des phosphates reste à ce jour l’activité phare de la région, mais il faut aussi constater que l’OCP (Office chérifien des phosphates) a beaucoup plus consenti de gros investissements à Jorf Lasfar dans la province d’El Jadida. Quant à l’industrie de conserve de la sardine, elle a connu un gros déclin et se maintient difficilement. L’ancien quartier industriel, qui regroupe les conserveries de sardine, est largement sujet à la dégradation. Le plâtre, qui pourtant constitue un gros potentiel dans la région, reste relativement sous-exploité. Enfin, le tourisme peine encore à décoller et Safi reste essentiellement une ville de passage. Et encore ! Pour toutes ces raisons notamment, plusieurs voix à Safi vont dans le sens du projet de régionalisation. Elles mettent en avant l’histoire commune de Marrakech et Safi, ainsi que leurs complémentarités. En matière de tourisme, notamment, leur idée est que Marrakech pourra donner un nouvel élan touristique à Safi. «La cité ocre a besoin de diversifier son produit touristique. Or, Safi bénéficie d’un littoral sauvage exceptionnel et offre donc un gros potentiel au niveau de ses plages», souligne une source. Il y a, en effet, de fortes chances que les touristes de Marrakech viennent profiter des plages de Safi (Souiria Kdima, Lalla Fatna, Cap Bedouza…) qui sont à une distance raisonnable de la cité ocre et sont de mieux en mieux aménagées et dont plusieurs sont labellisées. Par ailleurs, en matière industrielle, les deux pôles sont relativement complémentaires. Safi, ville industrielle par excellence, pourra booster la nécessaire diversification industrielle de Marrakech. A ceci près qu’il ne faudra pas que Marrakech concentre l’industrie verte et oriente Safi vers l’industrie polluante. Quant au nouveau port de Safi, il offrira une ouverture sur l’Atlantique à Marrakech. La nouvelle région permettrait de concrétiser un chantier attendu par bien des Safiots et des Marrakchis. La route qui relie les deux villes doit, en effet, être dédoublée et réhabilitée le plus tôt possible. Un rapport de la Chambre de commerce, d’industrie et des services souligne que «la route actuelle constitue un grave handicap pour le trafic et comprend plusieurs points noirs, qui ont déjà causé des accidents mortels». Par ailleurs, la nouvelle région va permettre de rapprocher Safi et Essaouira. Ces deux anciennes cités portugaises, géographiquement proches, auront intérêt à mutualiser leurs efforts de développement. Pour ce faire, la restauration et l’élargissement de la route côtière Safi-Essaouira est attendue comme «un axe routier important pour le développement du tourisme balnéaire dans la région». |

